Une cellule de crise s’est réunie pour élaborer un plan de secours
Une cellule de crise s’est réunie le 17 juillet 2007 à la Caserne des Pompiers de la Condamine à Monaco pour réfléchir sur un plan de sauvetage du jeune Rorqual commun* âgé de 6 mois, de 8 mètres de long et pesant environ 4 tonnes, qui erre depuis samedi dernier le long des côtes entre Menton et Monaco.
Sans l’apport du lait très riche de sa mère, qui a peut-être été victime d’une collision** avec un gros navire, le baleineau, très amaigri et à la limite du sevrage, est voué à une mort lente.
S.A .S. le Prince Albert II de Monaco, Président de la Fondation Prince Albert II de Monaco pour la Protection de l’Environnement et pour le Développement Durable, ne pouvant pas rester insensible au sort du baleineau et attendre l’inexorable dénouement sans tenter une intervention, suit personnellement l’évolution de la situation. Bien que conscient du peu de chance de sauver l’animal, Il a souhaité que toutes les mesures possibles pour sauver le baleineau soient mises en place et a soutenu la proposition d’ACCOBAMS (Accord sur la Conservation des Cétacés de la mer Noire, de la Méditerranée et de la zone Atlantique adjacente) de tenir une cellule de crise.
Plusieurs institutions se sont donc concertées : la Direction des Affaires Maritimes, la DEUC (Direction de l’Environnement, de l’Urbanisme et de la Construction) la Fondation Prince Albert II de Monaco, le Musée Océanographique, la Police Maritime, le RIMMO (Réserve Internationale Maritime en Méditerranée Occidentale), les Sapeurs Pompiers et le Secrétariat d’ACCOBAMS.
Les interlocuteurs présents ont échangé leurs compétences pour élaborer une stratégie d’intervention. L’intention est d’ « hospitaliser » l’animal sur un brancard flottant qui a été mis à l’eau il y a deux jours au Port de Fontvieille et déplacé dans la zone du Portier. Cette installation, ainsi qu’une équipe de techniciens ont été gracieusement mises à disposition par le Conseil Général des Alpes Maritimes.
Le baleineau, devant récupérer ses forces au plus vite, les vétérinaires lui apporteraient par une sonde gastrique de l’eau et de la nourriture.
L’animal est d’une extrême maigreur comme cela est parfaitement visible sur une photo sous-marine prise par un plongeur de la Police Maritime Monégasque.
Son approche reste délicate, elle pourrait constituer un risque pour sa survie.
Toutefois, la situation est susceptible d’évoluer d’heure en heure. C’est pourquoi des spécialistes suivent en permanence le baleineau et se préparent pour intervenir immédiatement dès que la situation le permettra.
Il est intéressant de noter que le baleineau, qui est forcément très déshydraté, s’approche de zones riches en résurgences d’eau douce sous-marine.
Les intervenants sont conscients du peu d’espoir de parvenir à un dénouement heureux ; néanmoins, une action étayée par des bases scientifiques et techniques doit être tentée. L’issue de cette opération aidera également à définir des mesures d’intervention de plus en plus adéquates destinées à porter secours aux cétacés dans des cas similaires.
Pour ces raisons, les institutions susmentionnées ont décidé de s’engager en vue de cet effort commun qui laisse au moins entrevoir une éventuelle échappatoire pour le jeune rorqual.
Renseignements
Secrétariat ACCOBAMS
Les Terrasses de Fontvieille, Jardins de l’Unesco
98000 Monaco
Tél. : + 377 98 98 42 75
Fax : + 377 98 98 42 08
e-mail sartoris@accobams.net
* Rorqual commun, Balaenoptera physalus, espèce de baleine fréquemment rencontrée en mer entre le continent et la Corse. Ils peuvent atteindre 22 mètres de long et peser jusqu’à 75 tonnes. Ils se nourrissent principalement de "krill", petites crevettes planctoniques, qui se trouvent en grande quantité en été au large de nos côtes. Après une gestation d’11 mois, la mère baleine allaite son baleineau pendant environ 6 à 8 mois. Elle migre dans les eaux plus riches du Sanctuaire Pelagos pour reprendre le poids perdu pendant l’allaitement et sevrer le baleineau dans une zone d’abondance où il peut continuer sa croissance.
** Le Comité Scientifique d’ACCOBAMS a développé des travaux sur la question des collisions entre les navires et les cétacés, menace croissante pour leur survie. En octobre 2007, les Pays Parties à l’Accord, qui se réuniront pour la troisième fois, décideront des mesures à mettre en œuvre pour limiter cet impact sur les populations de mammifères marins.
Pour des raisons de sécurité et afin de ne pas perturber le travail des experts, une seule caméra, celle du Centre de Presse de Monaco, sera autorisée à travailler en mer.
Les images filmées seront redistribuées aux chaînes qui en feront demande auprès du :
Centre de Presse de Monaco
10, quai Antoine 1er
Tel. + 377 98 98 22 22
Fax : + 377 98 98 22 15
Crédit photo : Police Maritime de Monaco.