Deux ans après Son avènement, le Prince Souverain nous parle de Ses sentiments et de Sa vision dans un discours très concret.
Texte intégral du discours :
Message de S.A.S. le Prince Souverain
à l’occasion du 2ème anniversaire de Son Avènement
Chers Monégasques,
Chers Résidents,
Chers Amis,
Il y a un peu plus de deux ans, le 12 juillet 2005, la communauté monégasque m’entourait pour célébrer mon Avènement.
Au terme de ces deux années, je veux, au cœur d’une actualité intense et parfois tumultueuse, partager avec vous mes constats, mes convictions, mes ambitions.
Depuis mon accession au Trône, j’ai multiplié les initiatives en faveur d’un développement ambitieux et harmonieux de la Principauté : les mots de mon discours d’Avènement sont les actes de mon Gouvernement. Des actions novatrices ont déjà été entreprises qui témoignent du dynamisme et de la modernité de Monaco. D’autres sont déjà en cours. Parce que notre pays dispose d’atouts importants, de spécificités reconnues et appréciées, ainsi que de nombreux pôles d’excellence, je prétends à ce qu’il rassemble toutes les énergies, toutes les intelligences. Pour cela, il nous faut, sans cesse, faire preuve d’un esprit d’ouverture, dans le respect des autres et des nations représentées.
Douter du succès de son pays, c’est spéculer contre ses propres intérêts. Or, c’est tous ensemble que nous construirons la société de demain. Nous y parviendrons en alliant la fidélité à nos traditions et l’exploration de voies nouvelles. Ces équilibres subtils ne sont pas toujours de mise en œuvre aisée. Ils sont, cependant, la clé de notre stabilité au-delà des doutes et des impatiences parfois compréhensibles.
Nous devons, je le redis, tirer le meilleur parti de nos diversités, de nos talents, faire preuve de ténacité et d’audace dans un monde où la concurrence est toujours plus vive et redoutable.
C’est cette conviction qui renforce ma volonté de déployer une politique étrangère ambitieuse et cohérente, dont la responsabilité m’incombe exclusivement. Je veux, à ce titre, que vous souteniez sans relâche le rayonnement de notre pays, que vous contribuiez, chacun à votre place, à ce que son image soit encore plus prestigieuse.
Monaco doit développer, au plan international, des rapports étroits et confiants avec de nombreux pays. Mes voyages à l’étranger m’en donnent l’occasion et m’offrent une vision plus globale, à long terme, de l’évolution du monde. Cette approche me permet de mieux discerner comment la Principauté peut accompagner les changements de nos sociétés sans renier le socle des principes qui fondent sa pérennité.
Ces voyages à me révèlent aussi combien notre pays est respecté et apprécié pour ce qu’il est et ce qu’il fait, indépendamment de sa petite taille. C’est un motif de fierté mais aussi une invitation à témoigner et agir encore davantage sur la scène internationale, à notre mesure.
A Strasbourg, mes visites protocolaires au Président de la Cour Européenne des Droits de l’Homme et au Secrétaire Général du Conseil de l’Europe m’ont conforté dans mon sentiment que la position de Monaco est comprise du Conseil de l’Europe et n’y suscite aucun malentendu.
J’ai hier un entretien privé avec le Président de la République Française. Je me réjouis de cette rencontre en tête-à-tête qui donne un nouvel élan aux relations d’amitié qui existent entre la France et la Principauté. Parmi les sujets abordés, deux nous tiennent particulièrement à cœur : la défense de l’environnement et les différentes problématiques liées au bassin méditerranéen.
Comment ne pas rappeler à ce propos que dans un monde plein de dangers où trop souvent souffrances et détresses se côtoient, Monaco est un havre de paix exceptionnel. Apprécions chaque jour notre chance et cessons de nous demander ce que Monaco sera demain, parce que Monaco, demain, sera ce que nous aurons voulu en faire.
A cet égard, je tiens à redire que le premier atout de la Principauté réside dans la stabilité de ses Institutions, fondée sur la monarchie héréditaire et constitutionnelle.
Ce principe de gouvernement me place à l’écart des échéances et au-dessus des turbulences inhérentes à celles-ci.
Au-delà de la personne du Prince, c’est la Principauté qui est bénéficiaire de cet avantage que confèrent le temps et la hauteur de vue.
Notre Constitution du 17 décembre 1962 a apporté la preuve qu’elle était la garante de cette stabilité.
Des ajustements ont été opérés le 2 avril 2002, en vue de l’adhésion au Conseil de l’Europe voulue par mon Père. Aucune autre modification constitutionnelle n’est nécessaire.
Parce que le pouvoir exécutif relève de ma haute autorité, je donne mes instructions au Ministre d’Etat pour l’exercice du gouvernement.
Le Gouvernement, pour sa part, entretient avec le Conseil National les relations constantes de coopération et de dialogue que requiert l’accomplissement du travail législatif. Mes directives, dans ce domaine, visent à préserver avant tout l’intérêt général, dépassant toute autre contingence. Il m’appartient aussi de veiller à ce que les évolutions législatives s’inscrivent toujours dans le cadre de toutes nos dispositions constitutionnelles.
Les débats budgétaires sont un moment important pour une réflexion de fond commune sur les choix que nous faisons pour Monaco et son avenir.
Au sein de ces débats, le bien-être des Monégasques et de la population, ainsi que l’attention portée aux personnes qui font le choix de venir travailler à Monaco ou d’y investir demeurent également des priorités.
Ces discussions, placées elles aussi sous l’éclairage permanent de l’intérêt général, ne doivent jamais céder à la tentation des marchandages politiciens.
Je veux aussi vous dire combien j’ai été choqué à la lecture de critiques infondées portées il y a quelques semaines contre la Justice de mon pays lors d’un procès très médiatisé.
Je renouvelle ici l’expression de ma confiance aux Cours et Tribunaux qui continueront à exercer le pouvoir judiciaire en toute impartialité.
Nous sommes tous, quel que soit notre niveau de responsabilité, les artisans de la prospérité de Monaco qui, à l’évidence, ne peut se gagner sans effort, pas plus aujourd’hui qu’hier.
Cette prospérité repose en grande partie sur le climat de sécurité des personnes et des biens. J’entends que celui-ci demeure l’un de nos atouts essentiels.
Par ailleurs, notre société exige autant de faire-savoir que de savoir-faire. C’est pourquoi j’encourage sans cesse l’esprit d’initiative, le désir d’entreprendre. Nous devons accueillir et faciliter l’installation de tous ceux qui veulent innover, au travers de projets porteurs et fiables qui témoignent de leur esprit de création et de conquête.
Je tiens à souligner le dynamisme de tous les acteurs économiques de la Principauté et le rôle incitatif que joue mon Gouvernement pour que soient réunies ici les conditions favorables à la création d’entreprises.
La publication, pour la première fois, du Produit Intérieur Brut de la Principauté, a mis en évidence l’importance de la richesse créée grâce au travail de tous, ce qui nous place dans le peloton de tête des pays développés. Ce résultat est le fruit du système que je souhaite continuer à favoriser à Monaco, au moyen d’une économie de marché où entrepreneurs, investisseurs et salariés ont tous leur place et leur raison d’être.
Concernant la finance, le rapport présenté à mon Gouvernement par un Cabinet spécialisé a, lui aussi, confirmé la bonne santé du secteur bancaire et ses perspectives d’avenir prometteuses, notamment dans le domaine de la gestion alternative ou des activités de niche comme la finance environnementale et sociétale.
S’agissant du programme d’extension de l’urbanisation en mer, que j’ai voulu dès mon Avènement, le Gouvernement y travaille sans relâche.
En dépit des difficultés, inhérentes à un projet de cette ampleur, les études en cours sont d’ores et déjà riches de découvertes et d’enseignements.
Les groupements qui se sont portés candidats savent combien je suis attentif aux exigences que j’ai fixées en matière environnementale et architecturale.
La diversité des approches des candidats, à ce stade, confirme l’intérêt exceptionnel que représente cette opération qui, sans conteste, fera avancer la recherche scientifique et maritime.
Quant au choix de l’équipement phare que comportera ce projet, la réflexion se nourrit sans cesse, mon ambition étant que les plus grands experts mondiaux y apportent leur génie créatif.
Dans le domaine culturel, je veux conforter le rayonnement international de la Principauté. Les récentes célébrations prestigieuses des anniversaires de l’Orchestre Philharmonique et de la Compagnie des Ballets de Monte-Carlo ont conféré ces derniers mois à ces ensembles une nouvelle impulsion.
L’arrivée d’un nouveau Directeur à l’Opéra Garnier et la prochaine nomination d’un nouveau Chef pour l’Orchestre sont porteuses d’ambitions fortes qui, avec le projet de développement du nouveau Musée National, donneront à la Principauté la renommée internationale qu’elle mérite.
Je sais aussi combien la population de Monaco est légitimement attachée à la qualité de vie. La préservation de l’environnement en est l’une des composantes essentielles.
Aujourd’hui, la politique environnementale est au cœur de mes priorités.
C’est en pensant autrement, en changeant nos habitudes, que nous saurons nous responsabiliser et conjuguer volonté et solidarité.
C’est la raison pour laquelle, en juin 2006, j’ai créée ma Fondation afin que Monaco apporte sa contribution à ce défi. Cette Fondation a pour mission d’identifier des projets prioritaires, emblématiques, d’en accélérer la mise en œuvre afin d’obtenir des résultats tangibles à travers le monde en faveur d’une gestion durable et équitable des ressources naturelles.
En février 2009, se tiendra à Monaco le Conseil d’Administration du PNUE, organisation internationale appartenant à l’ONU. L’un des thèmes principaux de cette rencontre sera : « Globalisation et Environnement, Mobilisation Economique face aux Changements Climatiques ».
Avec l’une des densités de population les plus fortes au monde, nous devons être vigilants et trouver des moyens efficaces de lutter contre les pollutions. Mon Gouvernement s’y emploie avec énergie.
Dans le secteur de l’Urbanisme, les bâtiments publics seront désormais réalisés selon le concept de la Haute Qualité Environnementale (H.Q.E.) où la gestion de l’énergie occupera une place privilégiée avec le recours à l’énergie renouvelable.
J’ai aussi demandé à mon Gouvernement que l’un des axes principaux de sa politique soit l’amélioration de la mobilité afin de réduire les impacts négatifs de la circulation. Deux actions ont été entreprises à cet égard : la mise en place d’un schéma directeur des infrastructures urbaines et l’élaboration et la mise en œuvre d’un nouveau plan de déplacement urbain.
Je sais combien les différents chantiers en cours, souvent importants, altèrent de façon sensible le confort de la population. Ces nuisances accompagnent toujours hélas les grands travaux qui modernisent un pays.
Un autre élément essentiel de la qualité de vie offerte par notre pays réside dans l’action menée dans le domaine de la santé. C’est pourquoi nous développons depuis de nombreuses années un système de soins performant largement accessible.
Mon objectif consiste à disposer toujours d’un établissement de renom, le Centre Hospitalier Princesse Grace, dans lequel sont traitées les pathologies les plus générales tout en développant des activités de référence ciblées, particulièrement au Centre Cardio-Thoracique et à la Clinique du Sport IM2S.
Les grandes orientations retenues au cours des années précédentes se trouvent confirmées en raison de leur cohérence avec la gestion démographique et les besoins prioritaires de la Principauté et de la zone naturelle d’influence de l’offre de soins monégasque qui recouvre un bassin de population régionale d’environ 100.000 habitants.
S’agissant de nos aînés, un plan d’équipement a été établi par mon Gouvernement pour prendre en compte les besoins quantitatifs et qualitatifs évalués à l’horizon 2015-2020. La création de nouveaux établissements ainsi que la réhabilitation d’équipements existants attestent de notre volonté de répondre aux besoins de nos personnes âgées.
Mais si notre pays se doit de s’acquitter de son devoir de reconnaissance à l’égard de ses aînés, il doit aussi porter ses regards vers l’avenir.
Aussi, l’avenir de la Principauté repose sur la qualité de l’éducation prodiguée à sa jeunesse et de la formation qu’elle reçoit.
Les brillants résultats obtenus chaque année par nos élèves confirment que la politique exigeante que nous nous sommes assignés en ce domaine est la bonne. C’est dans cette voie de recherche de l’excellence que j’entends que nos efforts soient poursuivis.
Je me réjouis aussi qu’un généreux système de bourses d’étude encourage nos jeunes à recevoir à l’étranger les formations supérieures solides qui les préparent à une vie professionnelle enrichissante.
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Comme vous l’avez compris, c’est avec passion et détermination que je me consacre, depuis deux ans, aux destinées de la Principauté, si largement observée et si souvent enviée.
Aussi, j’invite les Monégasques à s’unir derrière moi, à l’écart des querelles partisanes qui portent un discrédit sur nos Institutions et nos valeurs.
Je forme le souhait que chacun, ici, mesure la chance qui est la sienne de vivre dans un pays qui lui donne tant.
En retour, il est urgent que soient portés à l’Etat et à ses Institutions la reconnaissance et le respect que cette situation hors du commun inspire.
Animée par cet état d’esprit, la population Monégasque doit mettre son imagination et sa volonté au service d’une ambition cohérente et généreuse. Mon engagement dans cette voie est total. Je veux que dans un monde riche d’espérance et dans le respect des valeurs qui sont les nôtres, notre pays montre le chemin.
Pour cela, ayons pour lui une vraie passion, une authentique fierté, offrons-lui toute notre ambition.