Sacha SOSNO
Rencontre le 30 septembre à 17h30 dans les jardins de la Villa Sauber autour d’Apollon Oblitéré
Dans le cadre de la Journée Européenne du Patrimoine,
une rencontre est prévue avec
Sacha Sosno autour de sa sculpture Apollon oblitéré (2007),
le dimanche 30 septembre à 17h30
dans les jardins de la Villa Sauber.
Cette pièce nouvellement mise en place dans l’un des sites du Nouveau Musée National de Monaco fait partie d’un ensemble conséquent de pièces offertes par l’artiste au Musée, comprenant :
La Vie en noir (Série « Oblitération Biafra »). 1967. Technique mixte sur toile. 85 x 161 cm.
Tableau de coin (voiture). Montage de photographies sur châssis et tiges d’acier. 1978. 55 x 60 x 60 cm.
La tête carrée. Sculpture en bronze. 1997 (édition unique EA 2007).
Apollon Oblitéré. Sculpture en aluminium. 2000. (édition unique EA 2007)
De la photographie prise au Biafra en 1967 alors qu’il était photo-reporter à l’Apollon Oblitéré, le choix des quatre œuvres entrant dans les collections du Musée vient illustrer la permanence et la cohérence de l’œuvre de Sacha Sosno, sous le sceau de l’intervention et de l’oblitération.
Originaire d’une famille de Riga en Lettonie, Sosno a fui avec ses parents le bloc communiste et s’est installé à Nice au Palais Régina, alors qu’Henri Matisse y logeait. La rencontre de Sosno avec Yves Klein sera décisive. Il brûle ses tableaux et opère un virage conceptuel dans le double sillage de l’espace immatériel chez Klein et de l’idéalisme social des années 60. Artiste de l’Ecole de Nice, dont il écrit la première théorie en juin 1961, il en épouse la dialectique du plein et du vide, avec le concept d’oblitération, inauguré en 1971 des images empruntées aux média.
L’art qualifié parfois de sociologique de Sosno a de multiples connections avec celui de Wolf Vostell, ou Joseph Beuys en Allemagne, Jochen Gerz ou encore Joan Rabascall en France.
Sa posture critique de l’image adopte un mode opératoire très radical : traiter l’image comme le chirurgien opère le corps malade, procéder à une élision brutale du centre et du sujet, lieu présumé de la vulgarité du réalisme photographique, par un a-plat de couleur noire ou rouge.
Sosno partage avec certains artistes proches du situationnisme une esthétique de la disparition.
« L’oblitération est un art qui dénonce les facilités ou l’insouciance du Beau en art et qui rappelle les usures de l’être, les « reprises » dont il est couvert et les ratures, visibles ou cachées, dans son obstination à être, à paraître et à se montrer ». écrit Emmanuel Lévinas.
Cache, évidement, extraction, forme en creux, coupe, ajout, l’oblitération est évidemment un travail de soustraction mais simultanément et très paradoxalement d’opacification de la transparence propre à la mimesis, un travail de surcharge sémiotique. La flèche de certaines oeuvres pointe un lieu présumé tel un déictique ; le masque de peinture ouvre (encore un paradoxe !) l’espace de la représentation mis à mal.
A la surcharge picturale et sémiotique, l’oblitération opère dans le champ de la sculpture un évidement ou un recouvrement de la forme, sur des archétypes de la sculpture classique hérité de Praxitèle ou Canova, ouvrant ainsi un espace conceptuel autonome, dans une sorte de mise en abîme de l’objet et du concept.
Les deux sculptures La tête carrée et Apollon Oblitéré, en exemplaires d’artiste uniques, ont été réalisées grâce au mécénat de la société Foundhaus-sit Modern Arts (Monaco) et de M. Francesco Angelini.
Jardin de la Villa Sauber
17 Avenue Princesse Grace
98000 MONACO
Informations : +377.98.98.91.26
musnat@gouv.mc
Parking du Forum Grimaldi/ ligne n°6